Mardi 8 novembre 2005
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À chaque saison son poisson : en automne c'est le Sanma!
Puisque ce nom ne vous dit peut-être rien, grande âme que je suis, je vous donne le nom français: Scombresoce.
Maintenant bien renseignés, voyons comment le cuisiner: il faut un four à poisson, heureusement il y en a dans toute cuisine japonaise, le problème c'est que l'on ne peut y faire cuire que du poisson, adieu les rôtis, tourtes, tartes et gâteaux, mangeons du poisson!
Le Sanma se fait donc griller. On l'arrose ensuite de sauce soja et on l'accompagne de daikon rapé et de petits citrons très parfumés verts ou jaunes (yuzu par exemple). Il y a certainement d'autres recettes mais c'est celle-ci que l'on rencontre le plus souvent. La partie la plus délicate reste à le manger avec des baguettes, et si l'on est pas trop doué, "il faut bien mâcher pour avaler les arêtes" (conseil de japonais).
On peut donc réussir très facilement un bon Sanma à la maison, la question que je me pose pourtant est : pourquoi le Sanma préparé à la maison a-t-il des arêtes bleu turquoise???
Par Elle
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Jeudi 10 novembre 2005
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15:49
Vivre au Japon avec une personne qui n'aime pas les nouilles en bouillon (râmen, udon, soba) c'est très frustrant certains jours. Imaginez vous par exemple dans une ville japonaise inconnue, il est midi et votre estomac émet des bruits qui suggèrent que vous êtes très proche de l’hypoglycémie. Alors vous êtes prêts à vous précipiter dans la première gargote venue. Mais Elle vous répond : Ha non pas ici ! Ils ne font que des râmen !
Comme vous ne pouvez pas l’abandonner (Elle) sur le trottoir et aller baffrer ses succulentes nouilles tout seul, vous acquiescez et après encore une bonne heure et demie vous trouvez enfin un restaurant qui réponds aux critères gustatifs de Elle.
Mais de temps en temps me viens une envie incontrôlable de nouilles en bouillon. Ne pouvant dignement pas filer en douce au resto manger un bol de nouilles, il a fallu que je développe un argument béton contre lequel toute sa réticence s’envole : ce soir c’est moi qui fais la cuisine !.
Alors je vous livre maintenant ma recette de nouille au bouillon. Cette recette séculaire et jalousement gardée par des générations de Japonais est hautement sophistiquée. Gare à ceux qui voudraient la réaliser ! Patience et rigueur vous seront nécessaires…
Par Lui
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Vendredi 18 novembre 2005
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02:17
Outre le riz, qui est cultivé partout où il peut pousser, Okayama à deux autres spécialités très renommées, les pêches blanches (momo) et le raisin, généralement du muscat.
Les pêches sont très bonnes, très sucrées, énormes et très chères. Le raisin est aussi très bon, très sucré, très gros et très cher! En effet, payer 800 yens (5,80 euros) pour 2 pêches ou 600 yens (4,40 euros) pour une grappe de raisin c'est plutôt une bonne affaire!
Et pourquoi donc ? parce que le raisin pousse sous serre, parce que les Japonais préférant les gros grains, lorsque les grappes se forment, des grains sont ôtés à la main un par un pour permettre aux autres de devenir plus gros!! Parce que les pêches, dès leur formation, sont emballées une par une dans des petits sacs en papier. On peut se demander pourquoi prendre autant de précaution alors que le climat est quand même idéal par ici ? Peut-être à cause de toutes les charmantes bestioles que l'on peut y rencontrer!!!!!!
En tout cas cette ville étant peuplée de gens aimables, on ne manque pas de croiser quelqu'un dont le fils du cousin de la sœur produit pêche ou raisin et qui vous en offre de bon cœur et avec un peu de fierté mais il y a de quoi n'est ce pas?
Par Elle
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Lundi 12 décembre 2005
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10:09
Cette semaine nous avons reçu une amie japonaise à manger. J'ai fait, comme d'habitude, de la
cuisine française, mais cuisiner sans beaucoup d'ustensiles ni de four c'est pas facile. J'ai décidé alors de faire
une soupe de poisson avec sa rouille et ses croûtons. J'ai choisi cette recette non pas parce que c'est ma spécialité (je n'en ai jamais fait de ma vie ; je ne viens pas d'une région de bord de mer, loin de la) mais parce que le poisson au Japon ça manque pas.
Alors la recette (piochée sur internet) indique qu'il faut "1kg de poissons variés : crabes (soit dit en passant le crabe c'est pas vraiment du poisson mais bon!), Rascasses, Congres, Grondins, Saint-pierre, Merlans" eheheh bien évidemment j'ai pas trouvé tout ça alors j'ai acheté tout un tas de petits poissons qui ressemblaient à des poissons d'aquarium, en me disant que ça devait ressembler à ça, des poissons pour soupe (mais je sais quand même à quoi ressemble le congre, uniquement découpé par contre!!)
Deuxième étape : préparation du poisson : et oui au Japon le poisson n'est pas cher, mais par contre il n'est ni vidé ni écaillé! Ça non plus je n'avais jamais fait (ou si peu) : ça ressemblait plus à "massacre à la tronçonneuse" qu'à " Bon appétit bien sur" mais quand même, après m'être enfoncé une nageoire (très très pointue) sous l'ongle et retapissé la cuisine d'écailles: on y était.
Passons les détails de la fabrication pour arriver à la dernière étape : dans la plupart des recettes, il est écrit d'utiliser un presse-purée pour finir la soupe !!! pour ceux qui l'ignorent, le presse purée est un ustensile typiquement français, donc c'était pas possible. Heureusement certaines autres recettes conseillent d'utiliser un chinois, ça par contre j'ai pas osé demander !!! donc j'ai acheté une très grosse passoire à thé (ça ressemble fort) et hop, finie la soupe!
Conclusion la rouille était très réussie et les croûtons aussi, par contre la soupe était plutôt clairette et très fade. Heureusement, la cuisine japonaise n'est pas très épicée, elle est très subtile, et notre amie a adoré le goût très très subtil de cette soupe!!! Elle a eu l'air de l'apprécier beaucoup plus que la blanquette de cette fois là! et a demandé la recette! Ouf! Maintenant, dites-moi, la prochaine fois, je lui cuisine quoi???
Par Elle
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