Okayama
Site à l'usage des hypothétiques futurs habitants français à Okayama et des autres curieux...
Ce week-end nous sommes allés nous promener dans un endroit proche de Soja, à environ 15 km (3/4 d’heure quoi) de Okayama, à Kinojo.
C’est une ancienne forteresse, située au sommet d’une grande colline (397 m), dont il ne reste que des morceaux du rempart mais celui-ci est exceptionnel. Pour y accéder, il faut déjà monter presque en haut en voiture (ça change du Daisen ou de Hiruzen), soit 4km de montée bien raide (la petite Life a vraiment peiné), sur une route très très étroite. Au sommet naturellement se trouve un parking digne de celui des plus grands Ikea ou Leclerc. Après quelques 500 m de montée à pied, on atteint la première porte du rempart, qui est aussi la plus impressionnante car elle a été entièrement restaurée. Le mur de la porte à la particularité d’être fabriqué en terre (ou en sable, ne me demandez pas le nom de la technique, je ne suis pas archi) et ce genre de fabrication est typique du 7e siècle.
Le tour des remparts est ensuite vraiment agréable, la superficie de la forteresse est étonnante, près de 1 km de long et 600 m de large, sur un plateau avec plus ou moins de dénivelés. On y voit des tourbières, des pins et des gros rochers ronds qui font penser à Fontainebleau. La vue sur la vallée, Okayama et la mer de Seto est sympa, même si c’était un peu brumeux samedi. Il reste ça et là des morceaux de mur entiers, des escaliers etc. Il n’y avait pas un chat, le temps était parfait (c’est le printemps je vous dis)…je crois que c’est une des plus belles visites que j’ai faite dans la région.
Outre la promenade dans la forteresse, il existe un tas de chemins de randonnée aux alentours et je pense qu’on ne va pas tarder à y retourner.
Aujourd’hui vendredi, la veille du week-end. Il fait beau. On pense déjà aux ballades qu’on va faire demain et dimanche…
Allez pour se mettre en condition je vous emmène à Enjo. Un petit village avec d’anciens bâtiments conservés, où nous sommes allés il y à 15 jours (un furusato village comme on dit ici). C’est minuscule comme village, un peu perdu dans la montagne et dans la forêt, tout de même plus grand que Hattoji, un autre village qu’on avait visité il y a quelques mois, car à Enjo il y a une poste et quelques commerces.
C’est sûr qu’il faut plus de temps pour aller à Enjo depuis Okayama que pour faire le tour du village, mais si un après midi, vous ne savez pas quoi faire, c’est une ballade sympathique. Je dirai même en un mot que c’est apaisant.
Je sais que parmi nos lecteurs peut être personne n’ira jamais à Enjo, mais ce n’est pas important, ça vous montre un petit coin de campagne japonaise et à quoi on occupe nos week-ends.
J'ai lu hier, sur le très bon site de Pchan, cet article (mais ne cliquez pas tout de suite, finissez celui là d'abord). Ca ma décidé à écrire celui auquel je pensais depuis longtemps : la police à Okayama.
Ici, c'est plutôt calme comme ville et sans grand danger et la police n'a pas grand chose à faire. On ne s'y fait pas voler grand chose, sauf mon amie G qui s'est fait piquer ses petites culottes sur son fil à linge (elle a pas porté plainte!) et moi mon vélo! Il faut dire que je l'avais laissé tout un week-end en plein centre ville sans cadenas (resté dans le petit panier devant). Donc lundi matin, plus de vélo, je vais le déclarer!.
1- trouver un koban (police de proximité) : c'est facile il y en a partout.
2- Trouver des policiers à l'intérieur. Là c'était plus dur, il n'y a jamais personne car ils sont en "ronde" mais la porte est ouverte; le chauffage allumé et il y a un téléphone avec un N° à appeler en cas d'urgence. Il faut dire de quel Koban on appelle et pourquoi. Ne parlant que très modérément japonais, j'ai fais le tour des kobans de la ville avant de renoncer et de demander à quelqu'un d'appeler pour moi.
Une fois le RDV pris, j'ai eu à faire à deux jeunes tout frais émoulus de l'école de police. Ils m'ont demandé un descriptif du vélo ainsi que les deux numéros d'immatriculation. Ne les ayant pas, ils ont gentiment écris tout cela sur une feuille pour que j'aille chez Rinrin, mon marchand de vélo (à qui ils ont, pendant ce temps, téléphoné pour qu'il sache de quoi il s'agissait!). De retour avec les informations, c'était parti :
Eux : - ou était-il garé?
Moi : - dans l'avenue principale
Eux : - à quelle hauteur?
Moi : - Euhh…….en face d'un Koban (là, ils ont pas eu l'air d'entendre)
Eux : Ou exactement? Devant quel magasin?
Là vous voyez une rue commercante avec 10 000 petites boutiques pas très larges…
Moi : - (mais qu'est ce que j'en sais moi!!!) là ou ils vendent des sacs Louis Vuitton (je suis sure de pas me planter, yen ya tous les trois magasins).
Vérification dans les pages jaunes : ouf, on tient l'endroit
Eux : - À quelle distance du trottoir, à quelle distance du magasin ?
Moi : - Mumm , comme ça à peu près (taille du poisson du pêcheur)
Eux : - Et le guidon, coté route ou coté magasin (j'vous jure!!!)
Après cet échange japonanglais laborieux, l'un des deux s'est mit à dessiner la scène du crime sur un plan coté avec une précision d'horloger. D'abord au crayon de papier puis, après avoir eu mon accord sur la reconstitution, au stylo.
Puis, questions habituelles de l'adresse, ce qu'on fait ici et pour combien de temps on reste et ensuite, ils ont donné plusieurs coups de téléphone, l'air très ennuyés. Ce qui leur posait un ENORME problème, c'était de savoir quoi faire du vélo s'ils le retrouvaient après mon départ du Japon (si!) et on leur a dit (le chef au téléphone) de prendre l'adresse de mes parents en France (sisi!)
Moi : - vous allez me le renvoyer ? ;-)
Eux : - …
J'écris donc l'adresse de mes parents sur une feuille et reproblème ; re-coups de téléphone : est-ce qu'ils ont le droit d'écrire l'adresse en romaji (alphabet) sur le formulaire destiné à recevoir des kanjis? (elle est ou la caméra?).
Finalement, au bout de plus d'une heure, ces sympathiques jeunes gens m'ont laissé partir en m'assurant qu'ils allaient le retrouver, mon vélo! Ouais c'est ça, et la marmotte… Je suis allée directement en racheter un.
Et bien finalement SI, deux semaines après, je récupérais mon vélo.

Et pour en finir de ces aventures policières et faire le lien avec l'article de Pchan : à Okayama personne ne se gare en dehors des parkings. Et quand ça arrive, ça ne passe pas inaperçu. Le mois dernier, IL a vu une voiture garée sur le trottoir avec deux policiers tournant autour. L'un a touché le capot pour voir depuis combien de temps les Indiens étaient passés. L'autre a sorti un mètre de sa poche et a mesuré de combien la voiture empiétait sur la route et de combien elle empiétait sur le trottoir …. vous pariez qu'ils ont fait un joli dessin sur un plan coté?
Les sushis méritent à eux seuls que l'on se rende au Japon.
Des sushis, j'en avais déjà mangé en France, à Paris en fait. Parce que je sais pas si vous avez remarqué, mais il y a des restos japonais à tous les coins des rues de Paris mais pour en trouver en province, il faut se lever de bonne heure!
Je disais donc que j'avais déjà mangé des sushis relativement souvent en France, mais toujours les mêmes; ceux du menu de base : thon, saumon, crevette... Peut être qu'il y avait plus de choix dans les menus plus élaborés, je ne sais pas, je me suis arrêté au prix.
Alors ici, c'est le bonheur! Il y a des sushis à tout, des sushis partout!
Saumon, thon, crevette cuite, crevette crue, œufs de saumon, omelette, coquille saint-jacques, anguille, seiche, poulpe, oursin, corail de crabe (mummm), la sardine (la spécialité d'Okayama, c'est un peu fort)...
On peut en acheter au supermarché, en manger au resto ou dans des sushi-bars. Dans ces derniers, les assiettes défilent sur un tapis roulant, avec une paire de sushis dessus et le prix varie en fonction de la couleur de l'assiette, en général entre 105 et 500 yens. Il paraît que ce genre de restaurant, les sushis sont moins bons que dans les restos traditionnels, sauf dans des villes où le poisson est roi, sur l'océan ou sur la mer du Japon par exemple.

Le fin du fin, le meilleur pour moi, c'est le sushis de Ootoro, que j'ai mangé à Tsukiji pour le ptit déj. Le Ootoro, c'est la partie la plus grasse du thon, presque blanche, qui vaut une fortune. Dans envoyé spécial, j'ai vu un thon vendu 30 000 euros à Tsukiji, mais nous on a payé que 590 yens la pièce (de sushi, pas de thon). Il y a 3 autres parties dans le thon, qui vont par prix décroissant du plus clair au plus rouge, et qui sont toutes vraiment très différentes et très bonnes. A Tsukiji, on a également mangé un sushi d'Ormeau mais on a été déçu, c'était un peu caoutchouteux et fade!!! Mais on ne va pas s'arrêter à cela. Allez, ce soir on mange des sushis !



