Okayama
Site à l'usage des hypothétiques futurs habitants français à Okayama et des autres curieux...
Pendant notre excursion dans les neiges du nord nous nous sommes réchauffés et nourris dans une boutique de râmen (longue nouille japonaise d’origine chinoise servies avec des tranches de viandes et des légumes dans un bol rempli de bouillon… si après ça il y encore quelqu’un qui me demande ce que c’est, je ne sais plus quoi faire…). C’était ce genre de boutique où il n’y pas de table, juste un grand comptoir et où les clients sont tous alignés les uns à côté des autres et mangent en faisant des grands slurps !
Quand nous avons poussé la porte quelques regards curieux nous ont dévisagés. Il faut dire que dans un resto plein d’habitués au fin fond de la campagne japonaise, un couple d’européen qui rentre ça ne passe pas inaperçu…surtout quand la boutique est pleine à craquer et que chacun attend sa place juste dans le dos de ceux qui font des slurps. J’adore ce genre d’ambiance. Une fois assis, ça n’a pas pris beaucoup de temps vu qu’un japonais moyen (et même un petit) peu avaler un saladier de râmen en 2 minutes à peu près, nous avons commandé le plat unique proposé. C’est là que j’ai aperçu cette affiche au dessus de mon nez (désolé c’est encore flou, mais je ne devais avoir que 10 cm de recul)
C’est une affiche pour la prévention de l’alcool au volant (je crois avoir deviné). Au Japon, voila tout ce que vous risquez si vous prenez votre voiture après avoir bu trop de saké : 
- se faire arrêter par la police
- avoir une amende salée
- se faire engueuler par son patron et devenir bleu de honte
- se retrouver en prison avec un boulet au pied (O_O)
- se faire retirer son permis par un flic super costaud
- se faire saisir sa maison (peut être)
- être la honte du voisinage
- se faire quitter par sa femme et ses enfants
Que dire après ça ?...
La mer intérieure de Seto est une vraie merveille, je vous renvoie d’ailleurs là et vous serez d’accord avec moi. Cependant, on peut rarement faire un 360º sans tomber sur une cheminée d’usine. C’est la plaie de la côte. Il parait que depuis quelques années, des efforts ont été fait et que l’eau est bien plus propre mais les (rares) puristes (qui se baignent) choisissent toujours d’aller de l’autre côté, dans la vraie mer, celle du Japon.
L’autre jour, en revenant de notre ballade aux gros rochers, nous avons longé le plus grand complexe industriel du coin, qui fait plusieurs kilomètres de long. C’est impressionnant. Mais pourtant avec la lumière si particulière de cette fin de journée, les photos que nous avons prises sont saisissantes.
Cliquer sur les photos pour les avoir en plus grand (je me suis un peu amusée)
En décembre dans un grand magasin pendant que le Père Noël cherchait des idées de cadeaux j’ai croisé un attroupement de Japonais devant un stand avec en démonstration ceci :

Donc à gauche sur ma photo (floue) vous avez les すごい箸 = sugoi hashi,traduction : les super baguettes ou les baguettes géniales et à droite les普通の箸 = futsuu no hashi = les baguettes normales.
Qu’est ce qu’elles faisaient ces baguettes ? Qu’est ce qu’elles avaient de particulier ? Je voyais bien les gens les saisir les unes après les autres et aussitôt certains s’émerveillaient, d’autres étaient incrédules et pensaient à une arnaque, tous se demandaient où était le truc ?
J’ai essayé à mon tour d’attraper ce qu’il y avait dans le petit bol posé au milieu de 2 lots de baguettes. Et j’ai compris. Avec les baguettes normales il est très très difficile, voir impossible, d’attraper un morceau de konnyaku dans du liquide. C’est un peu comme essayer d’attraper une pomme dans un bac plein d’eau avec les dents, ça vous échappe toujours.
Par contre avec les sugoi hashi, aucun problème, à tous les coups vous l’attrapez. Je ne sais pas quelle matière recouvre les super baguettes, on ne sentait rien en passant le doigt dessus, mais tout de même c’est dingue ce que la technologie japonaise peu faire. Après des siècles de calvaire pour attraper son konnyaku voila que la science a encore une fois résolu un des problèmes majeurs de l’humanité…
Après le grand air du bord de mer, c’est le grand air pur de la montagne que nous avons voulu prendre. Direction le Nord de la préfecture de Okayama, et les environs de Okutsu. Mais ce que nous n’avions pas prévu c’était de rencontrer de la neige en chemin. En effet, depuis le début du mois de décembre, il fait relativement doux et les 2, 3 stations de ski que comporte la région restent fermées. On peut dire que nous avons eu de la chance. Il y avait une bonne couche de neige qui faisait vraiment un joli paysage, mais les routes étaient relativement bien dégagées. Nous avons pu allés jusqu’à Okutsu qui est connu pour son onsen pour pieds…en d’autres termes, un bassin d’eau chaude naturelle où il est de coutume de venir se tremper les pieds. Je crois qu’il existe une autre raison qui rend célèbre cet endroit (peut être un matsuri de pieds ?!? ;-) mais je ne sais plus.

On ne s’est tout de même pas attardé vu qu’il pleuviotait quelques gouttes. Même si la météo japonaise au combien précise nous avait prédit du temps beau, doux, sec et nuageux (gris), on ne voulait pas rester bloqués dans ce fond de vallée car c’est pas avec notre voiture grosse comme une moto et qui n’est surtout pas équipée de 4 roues motrices, de chaînes ou même de pneus neiges que nous nous en serions sortis. Donc après un petit tour à pied dans le village on redescend dans la vallée, jusqu'à Tsuyama (la grande ville du coin). Là survient l’inévitable question « où qu’ c’est qu’on mange ? » Après une rapide évaluation de la situation un restaurant de bord de route nous accueille pour un plat de râmen = nouilles dans un bouillon (et je garde sous le coude la description de ce repas et de l’ambiance de ce resto). Après ça on se dit qu’on a pas fait tous ces kilomètres (au moins 80 km !!!) pour rentrer directement. Alors après un rapide coup d’œil vers le ciel nous décidons de monter vers Koshihata petit village avec de vieilles maisons japonaises typiques d’une époque révolue (furusato mura). Je sais pas pourquoi, mais à chaque fois qu’il y a une route de 1,50m de large (j’exagère à peine) qui serpente sur 15 kilomètres, bordée d’un ravin, où l’on ne plus faire demi tour une fois engagé et en plus ce coup-ci dont les bas-côtés sont occupés par des congères, et bien il faut que j’aille voir ce qu’il y a au bout. Finalement arrivés à Koshihata, je me dis que ça devait être plus sympa au printemps, parce que là, à part les très jolies vieilles maisons bien aérées, et le Japonais, le seul être vivant du village d’après moi, qui déblaye le devant de sa maison, on peut dire que c’est mort de chez mort. En général j’aime bien ce genre d’endroit, mais là il faisait un peu trop froid… Finalement après m’avoir fait bleuir les articulations en prenant quelques photos j’ai rejoins ELLE qui appréciait le paysage depuis un endroit où il prenait sa juste valeur, c’est à dire dans la voiture, j’ai enclenché la première et nous sommes repartis vers la civilisation avant qu’une tempête de neige ne nous ensevelisse, ce qui aurait été fort dommage pour vous puisque vous n’auriez pas pu lire toute cette histoire jusqu’au bout !



Quelquepart en redescendant (cliquez dessus pour avoir une grande image)



