Okayama
Site à l'usage des hypothétiques futurs habitants français à Okayama et des autres curieux...
Suite d’hier
N’ayant pas de carte détaille de la région, ELLE décida d’inventer le GPS-photo. Autrement dit ELLE prend en photo le premier plan touristique qu’elle trouve sur son chemin et bibi doit faire le copilote jusqu'à la destination finale en regardant l’écran de l’appareil photo. Sachant que je faisais déjà le pilote à ce moment là, vous imaginez bien qu’on a trouvé la bonne rue du premier coup…
Finalement après 3 demi tour, nous avons rejoint le bord de mer et avons filé jusqu’au cap de Hinomisaki.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant là bas… je savais juste qu’il y avait un phare. En fait c’est un superbe endroit. Tellement bien que j’ai poussé la porte du petit bâtiment servant d’office du tourisme bien décidé à loger dans les parages. Là une charmante dame japonaise s’est mise à trembler de tout son corps lorsqu’elle nous a vu nous planter devant son bureau avec ce qu’elle avait compris être la volonté de lui adresser la parole. Mais ce qu’elle ne savait pas c’est que ELLE et moi maintenant nous « causons japonais ».Oui Madame ! Une fois qu’elle eut compris qu’on ne lui voulait pas de mal et qu’on lui parlait dans sa langue, elle a téléphoné à une pension du village et nous a trouvé une chambre. Les propriétaires de la pension n’attendaient certainement pas à voir débarquer des clients en ce jour de février (mois le plus froid au Japon) mais ils nous ont tout de même accueilli avec cette merveilleuse politesse qu’on peut trouver au Japon. Etant les seuls clients de l’établissement on s’est vu remettre les clés de la chambre « royale » avec vue sur la mer et le phare !
Finalement la méthode G à encore prouve son efficacité !!
Maintenant quelques photos pour vous donner envie d’aller rendre visite à ce village du bout du Japon. 








Dimanche nous devions assister à une cérémonie du thé. Manque de chance cela a été annulé le samedi soir. Alors ni une ni deux, on s’est dit puisque lundi est férié, fête nationale oblige, partons quelque part. D’ordinaire on réserve toujours un endroit où dormir à l'avance mais là, pris de court, nous nous sommes dit que nous allions appliquer la G méthode. G comme Getasan (prononcez djetasan en japonais) qui est la spécialiste pour partir en week-end, seule, en train et en se disant que le Japon c’est quand même pas la steppe mongole et qu’il y a toujours un petit hôtel où demeurer. Donc, nous avons mis en pratique ce principe. Dimanche matin, lever aux aurores (8h), on enfile nos baskets et on saute en voiture direction le Nord et la Mer du Japon avec un retour prévu le lendemain soir.
Nous sommes d’abord allés au sanctuaire de Izumo qui est l’un des plus important du Japon (une grande bannière nippone surplombe d’ailleurs tout le site).
Les bâtiments sont très impressionants et comme dans tous les anciennes constructions en bois du Japon de ce style, je me demande toujours commment ça fait pour tenir debout ! ELLE a réussi du 1er coup !!! Moi j’ai du m’y reprendre au moins à 10 fois. Est-ce que cela a une signification ? Dans ce genre de situation un guide autochtone cultivé aurait été le bien venu pour nous renseigner.
En plus du côté architectural, je crois que la "vraie valeur" de cet endroit est très symbolique et mythique...
Surpris de voir les gens taper 4 fois dans leur mains au moment de la prière (2 fois d’habitude), une petite recherche sur Internet, m’a appris qu’on tape 2 fois pour soi et 2 fois pour le/la mariée. Ici c’est le dieu du mariage qui est le chef. Un petit truc rigolo de ce sanctuaire que nous avons également vu, c’est la tradition de planter une pièce de monnaie, en la jetant, dans la gigantesque corde de paille tressée qui surplombe un des halls principaux.


Le temple est également très connu pour être « la résidence de vacances » (au mois d’octobre si je ne me trompe pas) de tous les kami (divinités) du Japon, ce qui doit bien faire plusieurs millions de dieux… !!!! Ils viennent tous ici pendant quelques jours. Je ne vous raconte pas la grosse fiesta que ça doit être.
Enfin pour pénétrer le bâtiment qui semblait être le plus ancien et le plus imposant, les groupes de japonais devaient suivre un protocole très strict comme arborer une écharpe blanche, ôter son manteau, faire la queue avant d’aller prier dans le cœur du sanctuaire…
La suite demain (où nous mettrons réellement en pratiquement la méthode G)…
ELLE a déjà commencé à vous raconter notre week-end chez la maman d’un ami qui habite sur la toute petite île de Osaki-Shimo-shima quelque part dans la Mer Intérieure du Japon où elle cultive des oranges (comme presque tous les habitants d’ailleurs !).
Comme ce week-end a été une vrai bouffée d’air après un mois de janvier « trop » confiné » je vous montre à mon tour quelques photos sur les différentes choses que nous avons vues ou faites parce que vraiment ce fut super !!!
Un des petits ports du village
Vue du village depuis les champs d'orangers encore un piège à sanglier un des fugu que nous avons péchés la soirée à la maison avec le banquet, le kotatsu au coin du chauffage typiquement japonais et pour finir l'eau à 46 dégré du furo (bain) dans lequel j'ai compris qu'un être humain pouvait cuire dans une baignoire et que de ce point de vue là les japonais ne sont pas des humains ! la nuit passée sous des futons super épais et d'où il est très difficile d'émerger et où les hommes du village jouent à Robin des Bois à moitié dénudé 

le matériel de pêche dans le coffre de la voiture de Y. san
(en fait on en a attrapé que 2 et en plus on a pas pu les manger car bien évidemment ils sont mortellement toxiques) 

enfin pour finir, le matsuri où l'on béni les arcs 
(courageux pour faire ça en janvier, heureusement le saké réchauffe les corps...)


je crois que je n'ai rien oublié.
Ha si ça : 
Dans la mer de Seto, il y a un nombre incroyable de petites îles, et sur certaines d'entre elles, on cultive les oranges. C'est sur l'une de celles-ci que vit la mère de notre collègue et devinez quoi? Elle cultive les oranges. Nous y sommes allés le week-end dernier, il faut 3 heures et demi de route et deux Ferry pour l'atteindre mais ça vaut le coup. C'est une petite île (3/4 heures pour faire le tour en voiture) ou il n'y a que des orangers à perte de vue. En fait d'orangers, ce sont plutôt des Mikan, comme on les appelle ici, qui ressemblent à des clémentines, et au moins une dizaine d'autres agrumes qui ressemblent soit à des clémentines, soit à des oranges. Je ne ferai pas de leçon aujourd'hui, je n'ai pas tout retenu.
Ca fait des générations que les mikan sont cultivées dans cet endroit car le climat s'y prête particulièrement. L'île est très montagneuse et il n'y a encore pas si longtemps (pas des siècles quoi), il n'y avait pas de route. Pour le transport des mikan d'un coté à l'autre de l'ile, il fallait soit grimper par la montagne avec une hotte sur le dos, soit faire le tour en bateau, avec une petite embarcation comme celle-ci qui semble toujours utilisée aujourd'hui. Il y avait également des systèmes de treuil pour descendre la récolte depuis le haut de la montagne jusqu'aux bateaux.
Maintenant les choses sont un peu plus faciles. Il y a des routes qui serpentent entre les champs (serpentent c'est le mot) et également des petits trolley qui grimpent entre les orangers comme sur la photo. Le travail n'en reste pas moins pénible car la cueillette se fait à la main et en hiver. Nous avons testé, un coup de sécateur pour cueillir l'orange, un autre pour ôter la queue afin qu'elle n'abîme pas les autres dans le seau. Seau d'ailleurs que l'on porte en bandoulière sur l'épaule et ça pèse un poids! Enfin je n'ai pas eu trop à en souffrir puisque j'ai du cueillir 15 clémentines pendant que la ptite grand-mère qui nous accompagnait a rempli son seau hardi petit!



