Okayama
Site à l'usage des hypothétiques futurs habitants français à Okayama et des autres curieux...
Aujourd'hui, troisième jour du troisième mois, c'est la fête des petites filles : Hinamatsuri
Pour cette occasion, il y a dans les maisons un présentoir en escalier rouge avec deux poupées qui représentent l'empereur et l'impératrice (des fois il y a toutes la cour), il y a également une branche de pêcher en fleurs qui annonce le printemps.
Les petites filles invitent leurs amies à venir regarder leurs poupées, leur offrent du thé et des gâteaux. Elles portent un joli kimono et on leur offre des cadeaux puis elles vont au sanctuaire shinto.
Il y a également une chanson célèbre pour Hinamatsuri que l'on peut entendre partout dans les magasins depuis 1 mois :

"Allumons les lanternes
allons voir les pêchers en fleurs
Cinq musiciens de la cour jouent de la flûte et du tambour
Aujourd'hui c'est le jour joyeux de hinamatsuri"
Pour l'occasion, mon amie J. m'a préparé de magnifiques et succulents sushis qu'elle m'a offert dans une très belle boite avec l'un des joueurs de flûte qu'elle a peint elle-même.Trois étaient en forme de boule (temarizushis) ; deux enveloppés dans une omelette très fine avec sur l'un des pousses de bambou et sur l'autre des fleurs de cerisier marinées. Le troisième était enveloppé dans du saumon fumé. Le quatrième ressemblait à une terrine de riz avec des lits de bonnes choses dedans et des œufs de saumon dessus.
Ya des jours, ça vaut le coup d'être une fille!


Jusqu'à présent, les rares fois ou j'ai vu la télé, c'était à l'hôtel. La semaine dernière, dans un but uniquement pédagogique ;-) (à savoir l'apprentissage de cette satanée langue qu'est le japonais), j'en ai acheté une!.
Voici les premières impressions de quelqu'un qui a passé quelques heures devant le petit écran et qui n'a pas compris grand chose, impressions visuelles et auditives donc.
Cette semaine étant un peu spéciale, JO oblige, la plus forte impression auditive, c'est la fantaisie au violon du Turandot de Puccini. Après l'avoir entendu plus de 10 fois par heure pendant plusieurs jours, j'en rêve la nuit, bref. Je ne vais pas revenir sur la manière dons les JO ont été traités (voir ougl et la rivière aux canards) mais les seuls non japonais que j'y ai vu ce sont ceux qui se sont fichus par terre pendant les épreuves.Outre les JO, j'ai vu un grand nombre de séries télévisées moyenâgeuses, des jeux télévisés par dizaines dont je ne comprends pas toujours le but (d'ailleurs le niveau sonore me fait souvent changer de chaîne illico), des tas d'émissions de cuisine, (alors ça j'adore, on peut allumer la télé à n'importe quelle heure, on y voit des gens en train de manger).Les émissions d'information sont aussi très nombreuses. Très didactiques, il y a celles où un tableau couvert de texte apparaît à l'écran et où quelqu'un le commente (avec une baguette pour que l'on suive) pendant des heures (bof). Et il y a celles avec des tas de maquettes, style "c'est pas sorcier" et des explications très claires : je sais tout de la grippe aviaire. En règle générale, le petit carton écrit à la main dessus est un support très courant.
Les informations restent très inaccessibles pour moi. J'ai noté toutefois que les reportages "en image" ont souvent peu d'images à montrer. Par exemple, on peut souvent voir, dans le cas "d'affaires" (je suppose), des photos de lettres ou d'émails ou les ¾ du texte sont surlignés au marqueur noir pour masquer les infos privées ou alors le film de l'extérieur d'un bâtiment dans lequel il s'est certainement passé quelque chose mais en tout cas c'est fini (mais c'est peut être pareil en France, je m'en souviens plus). Il y a heureusement un tas de reportages très intéressants et compréhensibles.
En résumé :
; : les mêmes images qui repassent 50 000 fois et les bouts d'informations, tellement hachées qu'on reste toujours sur sa faim.
Ì : La télé me paraît plus "bon enfant" qu'en France et les présentateurs, qui sont souvent en couple ou à plusieurs, sont de tout âge, de toute forme et de tout physique. C'est une représentation très réelle de la population japonaise.
le nouveau batiment de NHK à Okayama
J'ai lu hier, sur le très bon site de Pchan, cet article (mais ne cliquez pas tout de suite, finissez celui là d'abord). Ca ma décidé à écrire celui auquel je pensais depuis longtemps : la police à Okayama.
Ici, c'est plutôt calme comme ville et sans grand danger et la police n'a pas grand chose à faire. On ne s'y fait pas voler grand chose, sauf mon amie G qui s'est fait piquer ses petites culottes sur son fil à linge (elle a pas porté plainte!) et moi mon vélo! Il faut dire que je l'avais laissé tout un week-end en plein centre ville sans cadenas (resté dans le petit panier devant). Donc lundi matin, plus de vélo, je vais le déclarer!.
1- trouver un koban (police de proximité) : c'est facile il y en a partout.
2- Trouver des policiers à l'intérieur. Là c'était plus dur, il n'y a jamais personne car ils sont en "ronde" mais la porte est ouverte; le chauffage allumé et il y a un téléphone avec un N° à appeler en cas d'urgence. Il faut dire de quel Koban on appelle et pourquoi. Ne parlant que très modérément japonais, j'ai fais le tour des kobans de la ville avant de renoncer et de demander à quelqu'un d'appeler pour moi.
Une fois le RDV pris, j'ai eu à faire à deux jeunes tout frais émoulus de l'école de police. Ils m'ont demandé un descriptif du vélo ainsi que les deux numéros d'immatriculation. Ne les ayant pas, ils ont gentiment écris tout cela sur une feuille pour que j'aille chez Rinrin, mon marchand de vélo (à qui ils ont, pendant ce temps, téléphoné pour qu'il sache de quoi il s'agissait!). De retour avec les informations, c'était parti :
Eux : - ou était-il garé?
Moi : - dans l'avenue principale
Eux : - à quelle hauteur?
Moi : - Euhh…….en face d'un Koban (là, ils ont pas eu l'air d'entendre)
Eux : Ou exactement? Devant quel magasin?
Là vous voyez une rue commercante avec 10 000 petites boutiques pas très larges…
Moi : - (mais qu'est ce que j'en sais moi!!!) là ou ils vendent des sacs Louis Vuitton (je suis sure de pas me planter, yen ya tous les trois magasins).
Vérification dans les pages jaunes : ouf, on tient l'endroit
Eux : - À quelle distance du trottoir, à quelle distance du magasin ?
Moi : - Mumm , comme ça à peu près (taille du poisson du pêcheur)
Eux : - Et le guidon, coté route ou coté magasin (j'vous jure!!!)
Après cet échange japonanglais laborieux, l'un des deux s'est mit à dessiner la scène du crime sur un plan coté avec une précision d'horloger. D'abord au crayon de papier puis, après avoir eu mon accord sur la reconstitution, au stylo.
Puis, questions habituelles de l'adresse, ce qu'on fait ici et pour combien de temps on reste et ensuite, ils ont donné plusieurs coups de téléphone, l'air très ennuyés. Ce qui leur posait un ENORME problème, c'était de savoir quoi faire du vélo s'ils le retrouvaient après mon départ du Japon (si!) et on leur a dit (le chef au téléphone) de prendre l'adresse de mes parents en France (sisi!)
Moi : - vous allez me le renvoyer ? ;-)
Eux : - …
J'écris donc l'adresse de mes parents sur une feuille et reproblème ; re-coups de téléphone : est-ce qu'ils ont le droit d'écrire l'adresse en romaji (alphabet) sur le formulaire destiné à recevoir des kanjis? (elle est ou la caméra?).
Finalement, au bout de plus d'une heure, ces sympathiques jeunes gens m'ont laissé partir en m'assurant qu'ils allaient le retrouver, mon vélo! Ouais c'est ça, et la marmotte… Je suis allée directement en racheter un.
Et bien finalement SI, deux semaines après, je récupérais mon vélo.

Et pour en finir de ces aventures policières et faire le lien avec l'article de Pchan : à Okayama personne ne se gare en dehors des parkings. Et quand ça arrive, ça ne passe pas inaperçu. Le mois dernier, IL a vu une voiture garée sur le trottoir avec deux policiers tournant autour. L'un a touché le capot pour voir depuis combien de temps les Indiens étaient passés. L'autre a sorti un mètre de sa poche et a mesuré de combien la voiture empiétait sur la route et de combien elle empiétait sur le trottoir …. vous pariez qu'ils ont fait un joli dessin sur un plan coté?
Quand on vit dans un pays où l’on ne peut pas lire les étiquettes, les achats au supermarché prennent une saveur toute particulière. Ainsi depuis que nous sommes ici, il nous est arrivé plusieurs fois d’acheter des trucs et découvrir un peu plus tard à la maison que ce n’était pas vraiment ce qu’on voulait. Je pourrais attendre encore un peu pour écrire cet article, histoire d’avoir encore plus d’exemples à vous donner, mais je préfère que ceux qui seraient amenés à faire des courses au Japon découvrent par eux-mêmes les joies de la méprise.
Donc à notre actif, nous avons tout de même l’achat de riz à mochi à la place de riz normal (pour les non initiés, le mochi c’est comme un peu comme un chewing-gum fait avec de la farine de riz), et aussi de dentifrice au sel (très salé), de yaourt liquide à la fraise à la place du lait nature (essayer de faire un café au lait avec ça vous allez voir...), et encore d’un liquide lacté orangé à la place de vrai jus d’orange, d’alcool de patate douce pour du saké traditionnel (le goût est très différent), ou encore d’eau de javel à place du détachant pour le linge (nos serviettes de couleur sont souviendront longtemps).
A ces achats malencontreux, on peut ajouter quelques mésaventures au restaurant quand nous avons commandé tout un plat de viande de mouton alors qu’ELLE n’en mange pas, ou cette autre fois où ELLE a commandé le menu pour 2 personnes pour elle toute seule ! avec ce que j’avais commandé moi aussi, il y avait de quoi nourrir une équipe de baseball sur la table.
Toutefois, je dirai que ma plus grande désillusion ici, fut quand je mordis à pleine dents dans un beignet fourré au chocolat (ressemblant à du Nutella), qui se révéla être de la pâte de haricot rouge. (A ma décharge c’était au tout début que nous étions au Japon, maintenant je sais que le haricot rouge est partout, et j’aime bien ça !).
Pour finir sur une note positive, parfois on découvre des trucs bizarre mais réellement bon. Cette fois là, on avait cru acheter des miettes de crabes pour mettre dans une salade… et quand nous avons ouvert la boite…
(Pour voir dans la boite passer votre souris dessus)
C’était du kanimiso (en français je crois qu’on dit le corail du crabe).D’accord c’est verdâtre, mais c’est délicieux !




